Les clichés que vous pourrez visionner sur cette page datent de 1925, et sont issus de l'ouvrage "Le mobilier bressan", paru aux éditions "Collection de l'Art régional en France", édité cette même année.
Au travers de ces clichés anciens, l'auteur (Alphonse Germain, alors conservateur du musée de Bourg-en-Bresse) rendait déjà hommage à un style, à une "famille" de meubles aux contours déjà bien définis, et largement prisée des collectionneurs, à cette époque déjà. Le succès ne s'est jamais démenti, et les vrais meubles bressans sont aujourd'hui le fruit de la traque des professionnels de l'antiquité et des amateurs éclairés.
Armoire bressane, vaisselier bressan, commode, horloge, desserte, bahut, lit bressan, berceau, rouet, quenouille, tabouret de chantre, crédence, pétrin, guéridon, banc, archebanc, fauteuil et chaises sont autant de pièces (liste non exhaustive) qui ont été un jour, dessinées et travaillées par des "huchers" talentueux, ayant à leur disposition la vaste diversité des arbres de la région.
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Lapparition des premiers modèles de meubles bressans datent du XVe, XVIe siècle. On ne trouve plus, mis à part quelques pièces de musée, de meubles de cette époque dans les demeures particulières.
Le style bressan, comme la plupart des styles de province, trouve son origine dans la modification de modes et dengouements venus des villes : Paris bien sûr, Lyon également. Lidentité bourguignonne surtout, ou bugiste, en fonction des pièces, laisse son empreinte dès les premiers modèles.
Dès le XVe siècle on façonnait en Bresse, sous François Ier, des meubles, daprès modèles, qui pouvaient être luxueux car la région ne manquait pas de « huchers » bien servis par la large diversités darbres dans la région.
Les crédences, vaisseliers et les célèbres armoires étaient conçues pour abriter les divers accessoires de la table : vaisselle, aliments, linge. Elles ne prirent leur place tout dabord que dans des milieux très privilégiés. Jusquau XVIIIe siècle, les meubles ont su garder des lignes relativement sobres, ou respectueuses de styles étudiés, alors quau XIXe siècle, on aura eu une facheuse tendance à quelques divagations ornementales.
Les panetières, dont le nom indique lusage, servaient de complément au vaisselier. La chaise à sel, dont aucune chaumière ne pouvait se passer jadis, est un coffre dun maniement facile doté dune assise, drue au possible, mais inaltérable.
Cent accessoires complétaient le mobilier, dont aucun nest à dédaigner, notamment ceux du foyer : plaques timbrées darmes, chevets, et surtout landiers, tiges pour attiser le feu.
Les éléments dassises, très prisés aujourdhui également, se matérialisent par de rustiques fauteuils à lassise naturelle et confortable. La chaise destinée au plus jeune âge enserrait lenfant au moyen de la traditionnelle tablette placée devant, et dun siège, percé, sous quoi béait un vase imposé par lusage.
Cest surtout après la Révolution que les habitants des campagnes purent soffrir armoires et horloges. Mais si les mouvements de mode concernant le mobilier na guère évolué pendant longtemps, cest à laube du XXe siècle, dans les années 20, que les grandes mutations débutèrent.
Les plus commerciales des armoires à glace font leur entrée dans les chambres, et le lit à baldaquin cède sa place à des pièces déjà industrielles. Les rouets désormais inutiles et quantités dautres objets ont également disparus. Les offres des antiquaires et des amateurs étaient dautant mieux accueillies que les meubles contemporains, dont lachat devenait possible grâce à ces aubaines, sont beaucoup plus commode que les anciens.
Les anciens ne demandaient pas mieux quà se séparer de leurs « vieilleries » : non pas quils méprisaient le passé, mais il suffisait pour eux de respecter certaines traditions sans sattacher à de vulgaires biens vétustes, souvent synonymes de la dureté de la vie dalors.
Ce nest donc plus aujourdhui dans les village que lont peut trouver aujourdhui de quoi composer un intérieur. Le décor dhier est aujourdhui entrer dans le domaine des musées et des collections.
Toutefois, de belles pièces sont parfois disponibles aujourdhui, fruit du travail des artisans de la région, détenteurs de lart ancien des ébénistes, « huchers » bressans. Ces modèles sont rares et ont leur prix. Les vitrines des antiquaires savent aussi faire remonter à la surface des meubles à la vie plus remplie, véritable luxe qui permettra, à lacquéreur et heureux et fortuné, dappréhender un morceau de la vie de notre Bresse dautrefois.
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