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On a tant dit sur les régions de France... La mode du bio, du goût du vrai, la mise en valeur de l'identité de chaque coin de notre beau pays est un travail déjà largement ébauché. Et pourtant, il y a fort à parier que le phénomène ne sera pas de si tôt en recul tant ce retour aux sources répond à un besoin bien réel.
Devant les tentations administratives, genre européennes, de niveler parfaitement, souvent par le bas, et parfois pour notre bien, tout ce qui fait la culture et le patrimoine d'une région ou d'un coin de pays, la régionalisation des esprits fait office de contre-pouvoir. On nous veut une sécurité (alimentaire, environnementale, citoyenne..) justifiable certes, mais qui, par grands coups de normes et d'arrêtés, met en voie de disparition des traditions et composantes bien spécifiques de nos cultures, y compris la culture bressane, éléments fondateurs de notre identité.
Mais les administrations ne sont certainement pas les seules à, malgré elles, souhaitons le, vouloir le lisse d'une société hygiénique prendre le pas sur les reliefs particuliers de notre espace. Non, la société mercantile, et souvent confortable (trop ?), se charge aussi d'harmoniser définitivement nos murs à l'unisson des rayons de grandes surfaces et des promotions mondiales. Notre habitat, notre nourriture, nos loisirs et nos références, pour finir, sont et seront guidées par quelques grands groupes qui ont déjà fait le plus gros du boulot. Miser sur le fait que quelques mouvements "underground", libertaire, alter-mondialistes sauverons la planète est un pari courageux. Surtout quand ces contre-pouvoirs ne sont eux même que quelques marionnettes guidées par des leitmotivs politiques en mal de puissance... mais je m'égare.
Quel rapport avec notre bonne vieille Bresse ? La région, le pays... oui. La Bresse, le pays de Louhans à Bourg-en-Bresse, fait partie de ces espaces ou peut-être encore, souvent plus qu'ailleurs, on peut toucher du doigt quelque chose qui fait que la vie à un goût de vrai. Et pourquoi donc ? Tout d'abord parce que ses paysages buccoliques, sa verdure vallonée et ses bosquets touchants n'ont jamais su attirer les foules, tant ces atouts peuvent paraitrent fades face aux bords de mers et aux pics enneigés.
Mais aujourd'hui les bords de plages sont des fêtes foraines polluées aux tarifs prohibitifs et l'ambiance n'y est plus. Les montagnes blanches, en saison, ont des codes très urbains et l'accès aux sites ressemblent fort à une remontée à Paris, un dimanche soir, sur l'autoroute du retour des vacances, en plus cher. Tristesse !
Est alors apparu, voici déjà bien longtemps, la notion de "tourisme vert". La Bresse a su, tout doucement, et tout récement, tirer son épingle du jeu. Le fait qu'aucune communication sur sa valeur, ou mauvaise, n'ait été mise en place, fait en sorte que ce pays conserve encore aujourd'hui, même si le niveau baisse, son identité et son caractère. On peut alors profiter de la vie dans un pays chanté et muse de poètes anciens, découvrir doucement une qualité de vie rurale et vivante. Voir, habiter des fermes bressanes au style particulier qui ont, pour leur part, rencontrer le succès depuis un certain temps. Serpenter au fil des rivières lentes, omniprésentes autour de Louhans, savourer les aurores floues dans les bosquets dressés sur d'anciens marécages, aujourd'hui paturages fertiles. Profiter d'une gastronomie, menée fièrement par notre poulet de bresse, nos chapons et autres volailles... entendre un accent lourd et portant en lui toute la charge d'une époque ou la vie était sans doute moins riche mais plus simple, plus dure aussi sans doute...
Vanter la Bresse... quelle gageure. Faire un tour au marché de Louhans d'abord, le lundi matin, pas en plein été, trop de monde, mais de bonne heure. Guetter les derniers acteurs véritables, ceux qui amènent leurs volailles, élevées à la maison, dans les cages de bois. Aller boire un petit vert chez Alex, au kiosque, à l'Europe peut-être... Ecouter les maquignons, discuter si possible. Errer le long de l'église Saint-Pierre, flaner. Passer sous les arcades de Louhans et penser à tout ce qui s'est passé ici. Manger à midi quelque part, la tête de veau sauce gribiche, ou un bon poulet à la crème...
Ou "trainer les chemins", seul ou à deux, une de ces innombrables petites routes de Bresse. En passant, évidement, le long d'un bois, d'une ferme à pans de bois, à colombages, ferme en pisé, en briques rouges. Saluer ceux qui se sont installés là, pour la belle vie, pour vivre bien, vivre mieux. Ou de ceux dont la famille est installée ici depuis toujours et qui, souhaitons le, prennent conscience de leur chance, de la culture fantastique qui les entourent.
Vanter la Bresse ne sert à rien. Vous trouverez sur ce site des textes de gens qui l'écrivaient il y a cent ans déjà, et bien avant. Des photos aussi, et des conseils pratiques, des recettes et des mots qui, je l'espère, vous ferons comprendre un peu ce pays. Pays qui n'a jamais existé administrativement. Et qui, depuis les temps les plus anciens, se dresse toujours debout, riche et fier.... il doit bien y avoir une raison.
A bientôt.
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